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Insécurité alimentaire

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À propos du principe d’universalité en alimentation scolaire

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Les enfants québécois d’âge scolaire vont à l’école pour grandir et apprendre. Ils bénéficient d’un programme éducatif établi par le ministère de l’Éducation avec des cibles pour leur apprentissage académique et social. Un facteur indéniable de réussite et de persévérance scolaire est d’avoir accès à des repas sains et collations, tout au long de la journée à l’école. Savez-vous que le Canada est le seul pays du G7 à ne pas avoir un programme national d’alimentation scolaire?


Au Québec, il y a une pléthore de moyens qui sont déployés pour réduire l’insécurité alimentaire à l’école, soit par des fonds gouvernementaux, des initiatives communautaires ou d’économie sociale. Le gouvernement du Québec a mis en place des mesures alimentaires ciblées, c’est-à-dire qui ne touchent que les écoles dont le taux de défavorisation est élevé ou offre du soutien aux enfants qui viennent de familles vivant de la pauvreté. Par contre, il y a plusieurs enjeux dans la mise en application de ces mesures, dont la stigmatisation des enfants et des familles, la difficulté de coordonner les différentes initiatives dans les écoles et de faciliter un partage des ressources entre les acteurs de l’alimentation scolaire.


La solution ? Un programme d’alimentation scolaire universel, qui est promu par un ensemble d’acteur.trice.s en alimentation scolaire au Québec1, composant le Chantier programme universel de saine alimentation scolaire au Québec (PASQ). Un des principes phare de ce chantier est la notion d’universalité dans l’accès à l’alimentation scolaire, qui peut s’expliquer ainsi:

Dans une perspective d’équité et de non-stigmatisation des enfants, un programme universel (accessible à tous) permet d’améliorer la santé de tous, notamment les enfants des groupes sous-représentés.


Le principe de la mise en place d’un programme universel vise à uniformiser les règles du jeu et veiller à ce que tous aient accès à des collations et repas sains lors des jours d’école, sans critères de sélection. Un tel programme vise également un approvisionnement local et durable, en plus d’activités de littératie alimentaire, des éléments importants à considérer pour la santé globale des populations.


Dans le monde entier, les programmes universels d'alimentation scolaire qui permettent d'acquérir des connaissances en matière d'alimentation et d'adopter des comportements alimentaires sains dès le plus jeune âge sont de plus en plus reconnus comme une politique fondamentale de promotion de la santé. (Collectif Québécois, 2021)


En février 2022, le Chantier a intensifié ses travaux afin d’amorcer la phase de  recommandations concertées pour l'opérationnalisation d’un programme universel de saine alimentation scolaire au Québec. Avec les transferts fédéraux annoncés en 2021 en alimentation scolaire et l’engagement du gouvernement provincial lors du Budget 2021-2022, d’investir 1,5 milliard de dollars d’ici 2025-2026 « afin de s’assurer que chaque jeune est en mesure de développer son plein potentiel, notamment à l’égard de la réussite scolaire », il y a un momentum important. 


Vous allez certainement en entendre parler dans la prochaine année!


Maëlle Brouillette, chargée de projet du Chantier pour un programme universel de saine alimentation scolaire au Québec.
mbrouillette@mtlmetropolesante.ca | 514-578-8668

1  Le Chantier pour un programme universel de saine alimentation scolaire est un projet du Collectif québécois pour une saine alimentation scolaire, branche de la Coalition pour une saine alimentation scolaire au Canada. Ce chantier réunit le Collectif Québécois, l’Association québécoise de la garde scolaire, la Cantine pour tous, la Tablée des chefs, le Conseil SAM, Le Dépôt NDG, Équiterre, le Club des petits déjeuners et Montréal métropole en santé.