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Montréal
Réduction du gaspillage et des pertes alimentaires

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Telle était la question centrale de la rencontre MIDI-SAM du 12 février 2016 sur laquelle 80 acteurs du milieu alimentaire montréalais étaient invités à réfléchir.

Quand on fait l’état des lieux, nous constatons qu'il y a déjà plusieurs organismes et initiatives qui œuvrent en récupération et redistribution alimentaire : des (très) gros comme Moisson Montréal, des moyens comme La Tablée des chefs, et des dizaines de petits éparpillés à travers le territoire. Malgré tout, il demeure un déséquilibre important entre les gisements de nourriture comestible récupérable et la capacité des organismes à les gérer. C’est que les coûts relatifs au sauvetage des aliments sont généralement assumés par les organismes et sont nettement plus élevés que la simple mise aux rebuts des invendus et surplus alimentaires.

Du côté des entreprises, de plus en plus de commerces d’alimentation se mettent tranquillement à faire une place aux fruits et légumes non standards, communément appelés « moches ». Il y a aussi plusieurs start-ups qui sont en train de faire leur apparition dans la lutte au gaspillage alimentaire, que ce soit pour faciliter la liquidation des produits avant leur péremption (Eatizz), partager des surplus de nourriture (BonApp) ou vendre des aliments « moches » (SecondLife).

Mais au-delà de ces organismes et initiatives, tous très louables, pourrait-on faire changer les choses plus globalement, sachant que toutes les sphères ont un rôle non négligeable à jouer?

Un problème de concertation a été identifié. On observe certes une multiplication des acteurs, mais peu de partage et de connexion entre eux. Bénéficierait-on d'une structure fédératrice qui favoriserait les partenariats, la cohérence et l'efficacité du secteur?

A également été soulevé un besoin criant de sensibilisation du public. Le gaspillage alimentaire est une réalité bien ancrée dans toutes les sphères, notamment à la maison, et de nombreuses fausses croyances encore bien répandues continuent de l’encourager.  Il y a bien quelques initiatives comme Sauve ta bouffe, Tu vas pas jeter ça?, les ateliers À vos frigos et des chroniques dans les médias qui ont joué un rôle à ce niveau, mais visiblement tout ça ne touche qu'une petite partie de la population au final. Quel rôle les acteurs montréalais pourraient-ils jouer dans l’éducation de sa population?

Cette rencontre du 12 février a peut-être soulevé plus de questions qu’elle a amené de réponses au final, mais une chose est sûre : les partenaires sont nombreux et motivés à faire changer les choses, l’avenir du secteur est donc certainement rempli de potentiel.